Zones inondables
REPERES
En France, 4% du territoire, soit 2 millions de personnes sont concernés par les inondations.
Chaque année, les dommages s'élèvent en moyenne à 1 à 2 milliards de Francs.
Depuis 1529, 17 crues particulièrement catastrophiques ont été recensées en France. Parmi celles-ci, on peut relever celles de 1856 et 1866 où, à Gien, l'étiage a atteint 7.200 m3/seconde, alors qu'il est en temps normal de 11 m3/seconde…
Les origines en sont diverses. Il s'agit principalement des pluies, de la pente des bassins versants, de l'imperméabilité du sous-sol et des aménagements réalisés autour du lit des fleuves et des rivières. La fonte des neiges n'est pas, contrairement à une idée largement répandue, source de crue.
Les aménagements évoqués ci-dessus concernent essentiellement la réduction des zones d'expansion, du fait de l'édification de levées qui les compriment, une urbanisation poussée et des déboisements intempestifs, suite notamment à remembrement.
Les crues d'origine océanique sont provoquées par les pluies en provenance de l'Ouest. Elles ont été particulièrement fortes lors des hivers 1910, 1977, 1982, 1994, 1995, 1999 et 2000. Elles touchent les bassins du Cher, de l'Indre, de la Vienne, de la Marne, voire du Morvan.
Les crues d'origine méditerranéenne sont causées par de grandes précipitations, environ 600 mm/24 heure. Ce sont des pluies qui se manifestent essentiellement à l'automne.
Les crues dites "mixtes" ont lieu essentiellement au printemps ou en automne. Tout le fleuve est affecté. Ce sont des crues "mixtes" qui ont été à l'origine des catastrophes de 1846, 1856, 1866 et 1907 à Nevers et Sermoise. En septembre 1866, il est ainsi tombé 20% des précipitations annuelles en 3 jours !
En 1856, 160 brèches dans les digues ou levées ont été dénombrées du Bec d'Allier à Nantes, permettant aux eaux de recouvrir 100.000 hectares et de détruire 98 kms de réseau ferré.
En Haute Loire, le 21 septembre 1980, on a assisté à des précipitations de plus de 600 mm, générant un débit de 2.000 m3/seconde. Les eaux sont montées de 6 mètres en 7 heures et même de 6,5 mètre la dernière heure. Bilan : 8 morts, 500 millions de dégâts.
On pourrait multiplier ainsi la litanie :
Nîmes, 1988, 7 heures de pluie, 100 mm/heure, 10 morts, hôpital détruit.
Vaison la Romaine, 1992, crue d'1 mètre/10 minutes, 46 morts.
Le Têt, 1940, 4.000 m3/seconde, rupture du canal du midi, 350 morts, 1 milliard de francs de dégâts…
En juillet 1997, l'Oder (Pologne) considéré comme un "frère" de la Loire de par ses caractéristiques, a connu une crue méditerranéenne.
Le 8 juillet, il est monté à 10m45 pour un débit de 3.500 m3/seconde : 53 morts, 150.000 évacués, 160 ponts détruits, 20 milliards de francs de dégâts…
Qu'en serait-il aujourd'hui ?
Si l'on retient comme base de travail la crue de 1856, les résultats font frémir :
240 communes seraient sous 1 à 4 mètres d'eau ; 300.000 personnes seraient concernées ; 115.000 logements endommagés, 13.600 entreprises touchées, soit 72.000 emplois.
Selon le type de crue, les dégâts sont évalués à :
3 à 4 milliards pour une crue cinquantenale, 6 milliards pour une crue centenale, 18 milliards pour une crue cinq centenale. Pour une inondation totale du type 1856, les dégâts se chiffreraient aux alentours de 10 milliards.