HISTOIRE DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A SERMOISE 1833 - 1887

De l'école de F. GUIZOT à l'école de J. FERRY

Comme dans la plupart des communes rurales à faible population, la mise en place d'un enseignement primaire s'est faite à Sermoise avec beaucoup de lenteur. Au départ, on peut imputer cette lenteur au poids des mentalités. L'instruction pouvait paraître un luxe inutile pour certains et trop dispendieux pour d'autres. Mais il y avait aussi des données propres à Sermoise : la configuration de la commune, son habitat éclaté, mi-campagnard, mi-suburbain.

La proximité de Nevers et les facilités offertes par la ville en matière d'enseignement ont longtemps fait douter les édiles de la viabilité d'une école communale à Sermoise. Il y eut aussi, au fil du temps, et également pour des raisons soit de position géographique, soit pécuniaires, la concurrence apportée par des écoles établies sur le territoire voisin de Challuy.

Les péripéties du processus de la scolarisation à Sermoise nous sont dévoilées par les archives tant départementales que communales et en premier lieu par le registre des délibérations du Conseil municipal de Sermoise.

 

PREMIER DÉBAT SUR L'OPPORTUNITÉ D'INSTALLER UNE ÉCOLE COMMUNALE A SERMOISE

 Le 23 Août 1833, en conformité de l'ordonnance royale du 6 juillet 1833 faisant suite à la loi du 28 juin 1833 votée sur la proposition de François Guizot, Ministre de l'Instruction Publique (1), le conseil municipal délibère sur "les moyens à prendre pour parvenir à la location d'une habitation propre à loger l'instituteur", car "d'après les recherches faites, il n'a pas été possible de trouver un logement à cet effet".

Partant de ces constatations, les membres du conseil expriment leurs réserves. Il est tout d'abord observé que les habitants désireux de faire instruire leurs enfants préfèreront les envoyer aux écoles gratuites de Nevers (2), plutôt qu'à celle établie dans la commune, qu'ils seraient obligés de payer. Il en découlera que le petit nombre des élèves qui se présenteront ne permettra pas à l'instituteur de subsister. Malgré ces remarques, pour obéir à la Loi, le conseil s'engage à voter, dès que cela lui paraîtra possible, les fonds nécessaires pour la location de l'école, le logement, et le traitement de l'instituteur.

(1) La loi Guizot imposait à toutes les communes l'installation d'une école publique d'enseignement primaire.

(2) A Nevers, des écoles tenues par les Frères des écoles chrétiennes, les Ursulines, les Soeurs de la Charité enseignaient gratuitement.

 

LA PRESSION GOUVERNEMENTALE SE FAIT PLUS FORTE (3) 

LE DESSERVANT POURRAIT-IL FAIRE FONCTION D'INSTITUTEUR COMMUNAL ?

 Le 15 mai 1834, le Maire donne à nouveau connaissance au conseil de la loi du 28 juin 1833 et de l'ordonnance royale du 6 juillet 1833 relatives aux dépenses des écoles primaires communales que la commune est obligée d'entretenir.

Le débat porte concrètement sur le taux de la rétribution scolaire mensuelle qui devra être réglée par les familles pour chacun de leurs enfants, le logement à prévoir pour l'instituteur et le traitement fixe de ce dernier (qui doit être de 200 Francs par an).

Après avoir "mûrement délibéré", le conseil décide que le desservant étant logé au centre de la commune pourrait remplir la fonction d'instituteur (ce qui sous entendu résoudrait la question du logement), que le taux de rétribution scolaires serait (pour 1834) de 1,50 F. Ayant ensuite à aviser des moyens d'acquitter la dépense de 200 Francs pour le traitement annuel fixe de l'instituteur, le conseil arrête qu'il sera établi une imposition de 1 centime additionnel au principe des contributions personnelles et "mobiliaire".

(3)  Une circulaire de M. le Préfet Badouix, en date du 15 janvier 1834, faisait obligation aux maires de voter les ressources nécessaires au fonctionnement d'une école primaire publique dans leur commune.

Commentaire : Il semble que la suggestion de faire remplir au desservant de la paroisse la fonction d'instituteur soit restée à l'état de voeu pieux. En effet, une fiche de renseignement paroissiale adressée en 1836 par l'Abbé Gallon, curé de Sermoise, au diocèse de Nevers indique que "il n'y a pas d'école à Sermoise", précisant également que "il n'y a pas de possibilité d'en implanter une qui serait tenue par des Soeurs".

 

DÉSIGNATION DE MEMBRES DU COMITE DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE A SERMOISE

 Le 24 juin 1838, il est procédé à la désignation de deux membres du comité de l'instruction primaire (4). Sont désignés M. Signoret et M. Nicolas Bourdiaux (tous deux étant également membres du conseil municipal).

(4)  La loi Guizot avait prévu l'installation de "comités communaux de surveillance" dont étaient membres de droit le Maire et le Curé ou le desservant de la paroisse. Ces comités avaient de larges attributions, notamment en matière de salubrité et de discipline.

Commentaire : A Sermoise, le comité n'a rien eu à surveiller jusqu'à l'année 1844.

 

LA PREMIÈRE ÉCOLE SIGNALÉE A SERMOISE EN 1844

 (Réf. ADN État des instituteurs communaux - A. Masse Nevers extra-muros)

Selon les documents indiqués, une école communale a été installée à Sermoise le 22 mai 1844, dirigée par M. Lepy, instituteur laïque au traitement de 200 Francs par an. La maison d'école était en location pour le prix de 60 Francs par an.

Commentaire : Selon les documents consultés, il ressort que l'école installée à Sermoise en 1844 n'a pu subsister justifiant ainsi les craintes exprimées 11 ans plus tôt au sein du conseil municipal, car de l'année 1846 à l'année 1853, les archives (ADN - annuaire nivernais 2656) indiquent qu'il n'y a pas d'école à Sermoise durant cette période.

 

APRÈS PRESQUE UNE DÉCENNIE SANS ÉCOLE, EN 1853, REPRISE DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE COMMUNALE A SERMOISE

 Le 29 décembre 1853, le Préfet de la Nièvre, par délégation du Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes, arrête la nomination de M. Pierre Chambin comme instituteur à Sermoise.

M. Pierre Chambin restera à Sermoise jusqu'au 7 janvier 1858 date à laquelle il sera remplacé par Mademoiselle Gautheron (aînée) ainsi désignée car sa soeur cadette, également institutrice, exerce alors à Challuy.

Un rapport de l'Inspecteur d'académie signale qu'en 1858, l'école de Sermoise était fréquentée par 15 élèves garçons, dont 5 à titre gratuit, et 14 élèves filles, dont 4 à titre gratuit.

Le 21 août 1861, Mademoiselle Gautheron Elisabeth Françoise remplace sa soeur aînée au poste d'institutrice à Sermoise, poste qu'elle occupera jusqu'au 1er avril 1866.

 

DE 1861 A 1866, 5 ANNÉES MÉMORABLES POUR SERMOISE ET SON ÉCOLE

 Cette tranche de l'histoire scolaire sermoisienne mérite une mention spéciale. Elle sera marquée par le séjour d'une institutrice au caractère affirmé et, tout à fait indépendamment, par un grand événement positif, la construction d'un bâtiment école-mairie, à côté duquel la remise sine die de l'installation d'une bibliothèque communale peut passer pour anecdotique.

Mademoiselle Élisabeth Françoise Gautheron, une institutrice qui ne s'en laisse pas conter...

 Mademoiselle Élisabeth Gautheron avait déjà montré, lors de son précédent poste à Challuy, qu'elle pouvait prendre la plume pour défendre son école et aussi ses intérêts. Nous donnons ci-après le résumé d'une lettre qu'elle adressait vers 1860 à son supérieur hiérarchique l'Inspecteur d'académie, lettre confirmant bien la position défensive dans laquelle se trouvaient les écoles de la banlieue de Nevers vis-à-vis de celles de la cité ducale.

Dans la lettre en question, Melle Gautheron Élisabeth signalait le tort qui lui était fait par la gratuité des écoles de la ville, qui lui enlevaient la moitié de ses élèves potentiels diminuant ainsi ses ressources de moitié. Dans la même lettre, elle s'élevait aussi contre une certaine Madame Treilli, habitant Sermoise, qui avait sollicité l'autorisation d'ouvrir une école, et elle priait M. l'Inspecteur d'agir pour que l'autorisation ne soit pas donnée à cette "étrangère".

A Sermoise, il semble bien que Melle Élisabeth Gautheron ait voulu affirmer son indépendance vis-à-vis du clergé, à une époque où l'instituteur était considéré comme le collaborateur naturel du curé pour l'éducation des enfants, puisque les programmes officiels de l'école publique comportaient l'enseignement des principes de la religion chrétienne et l'histoire sainte (5). Elle se trouve en mésentente complète avec l'Abbé Martin, curé de la paroisse, dont elle considérait la moindre remarque concernant la discipline et l'éducation des enfants comme un empiètement outrancier sur ses prérogatives. Mais la sourde lutte qui l'opposa au pasteur de Sermoise n'éclipsait pas le problème scolaire majeur, le manque d'un bâtiment communal apte à abriter correctement l'école et en même temps la Mairie.

La réponse négative du conseil pour l'installation d'une bibliothèque communale ne fit que souligner l'urgence des décisions à prendre.

(5)  La loi du 15 mars 1850 (Loi Falloux) donnait aux ministres du culte un droit d'inspection et de surveillance dans les école primaires publiques et privées.

 

Local insuffisant pour placer une bibliothèque communale.

Le 24 septembre 1862, le Maire donne lecture au conseil d'une lettre de M. le Préfet recommandant de voter les fonds pour la constitution d'une bibliothèque communale.

Le conseil, après en avoir délibéré, prie M. le Préfet de ne pas l'obliger à voter des fonds pour cette acquisition étant donné :

- le peu d'importance de l'école "les enfants du village de Saint Antoine allant à l'école à Nevers et ceux de Plagny allant à l'école à Plagny" (6)

- que la commune n'ayant pas de maison d'école, elle n'aurait pas de local suffisant pour placer une bibliothèque.

(6) En 1862 et depuis 1852, l'école communale de Challuy était installée dans une maison à Plagny.

 

Projet et réalisation d'une école communale.

Le 7 février 1864, M. le Maire rappelle au conseil que la commune a une somme de 8.000 Francs en réserve pour l'instruction primaire, qu'il est urgent de disposer de cette somme pour la construction d'une maison d'école et d'une mairie.

Le conseil est d'avis qu'il est utile pour la commune d'avoir une maison d'école et une mairie. En conséquence, la somme de 8.000 Francs est votée avec cette affectation spéciale.

Le 12 mai 1864, le maire soumet au conseil les plans et devis pour la construction d'une mairie et d'une école dressés par l'architecte Lauvernay. Le projet est accepté.

Le 25 mars 1865, la construction est adjugée à M. Joindot entrepreneur à Nevers pour la somme de 9.288 Francs. Le 8 novembre 1866, le Maire soumet au conseil le montant de la "réception des travaux" de la maison d'école qui s'élève à 11.852 Francs.

Le compte-rendu de la séance mentionne "la somme reçue du gouvernement n'étant que de 9.000 Francs, nous demandons pour parfaire la différence de 2.852 Francs à prendre cette somme sur l'argent disponible provenant de la vente d'un chemin et de différentes sommes votées".

L'année 1866 avait ouvert des perspectives d'amélioration pour les conditions matérielles de l'enseignement à Sermoise et, il faut le souligner, en même temps, celles de l'administration communale. Cette même année, Melle Élisabeth Gautheron avait été remplacée, à compter du 1er avril, par M. Charles Mouquot. Le climat moral s'était sans doute aussi amélioré, mais le conseil municipal allait se trouver, dès l'année suivante, face à une préoccupation nouvelle : l'invitation à établir une école communale de filles.

Le 11 août 1867, le maire donne connaissance au conseil municipal de la loi du 10 avril 1867 sur l'enseignement primaire (7). Cette loi prescrit l'établissement d'une école de filles. Après en avoir délibéré, le conseil décide d'exposer à M. le Préfet que :

"la commune de Sermoise se trouve dans une position exceptionnelle, que la proximité de Nevers enlève à l'école une grande partie des élèves dont le nombre ne s'élève jamais à plus de 30, que, vu le peu d'enfants qui fréquentent l'école, il n'y a pas lieu d'avoir une école séparée de celles des garçons ; que cependant, pour se conformer à la loi du 10 avril et pour récompenser Mme Mouquot, femme de l'instituteur, qui depuis que son mari dirige l'école de Sermoise s'est toujours occupée d'apprendre les travaux à l'aiguille aux petites filles, le conseil demande qu'il lui soit alloué pour ce service la somme de 150 Francs".

(7) La loi du 10 avril 1867, promulguée sous le ministère de Victor Duruy, prescrivant l'établissement d'une école de filles dans toutes les communes de plus de 500 habitants, Sermoise, en 1867, comptait 845 habitants.

Commentaire : Ce sont les arguments touchant à une hypothétique rentabilité, arguments déjà évoqués, qui reparaissent.

 

VINGT ANS POUR LA RÉALISATION D'UNE "ANNEXE" POUR LES FILLES

Sur le sujet de l'école des filles, ce sera pendant 5 ans - de 1867 à 1872 - le statu quo le plus complet. Mais, sur l'insistance du représentant du gouvernement, la question revient à l'ordre du jour à la réunion municipale du 8 juin 1872.

Le compte-rendu de la séance rédigé à l'adresse du Préfet explique que :

"par sa proximité de Nevers, toutes les petites filles des villages de la route vont chez les Soeurs de Nevers, que la sucrerie de Plagny ayant une maison d'éducation dirigée par des Soeurs (8), les petites filles à proximité y sont reçues. Qu'il ne reste donc à l'école de Sermoise que les petites filles (de la campagne ?) au nombre d'à peu près vingt et encore, ce nombre comprend les petites filles qui viennent au catéchisme. Que d'après ces raisons ce serait une dépense inutile. Que d'ailleurs l'école nouvellement construite est très spacieuse et peut contenir un nombre d'élèves double de ceux qui y viennent. Que les jeunes filles qui y viennent y sont dirigées par la femme de l'instituteur qui s'en occupe beaucoup."

Le 7 mars 1873, à la suite de la réception d'une nouvelle lettre du Préfet, le conseil municipal confirme sa position contre l'installation d'une école de filles à Sermoise.

De 1873 à 1882, les instituteurs se succèdent dans ce système d'école mixte ou plutôt "géminée", car théoriquement au-moins, une cloison devait séparer les filles des garçons. Les épouses des instituteurs deviennent des aides-enseignantes quasi officielles recevant un traitement de la commune pour l'enseignement des travaux à l'aiguille.

Le 1er septembre 1875, M. et Mme Mouquot cèdent la place à M. et Mme Geoffroy qui sont à leur tour remplacés par M. et Mme Loffinot le 1er août 1878.

Les émoluments mensuels des instituteurs, compte-tenu du produit de la rétribution scolaire et du traitement éventuel servi pour les élèves dits gratuits, sont passés de 700 Francs (M. Mouquot 1866) aux alentours de 1.000 Francs. Le traitement pour les travaux à l'aiguille varie entre 150 et 200 Francs.

En 1881, Jules Ferry institue l'école gratuite (9). L'année 1882 (août 1882) voit se constituer à Sermoise la société de la Caisse des Écoles, une institution préconisée par la loi du 1er avril 1867 dont l'objectif est d'une part de récompenser les meilleurs élèves par des prix - livres, livrets de CE - et d'autre part de secourir ceux qui pouvaient se trouver en situation matérielle difficile.

Mais l'année 1882 est aussi celle d'un grand tournant scolaire. La loi Jules Ferry rend l'école obligatoire en la laïcisant (10). L'instruction morale et religieuse est remplacée par l'instruction morale et civique.

Les ministres du culte perdent le droit d'inspection et de surveillance que leur avait donné la loi de 1856.

A Sermoise, l'année 1882 sera marquée par un premier pas concret pour l'installation d'une école de filles. Le 19 novembre 1882, le Maire fait savoir au conseil que le Prince de Béarn a offert, comme solution d'attente, un local à cet effet. Le 20 janvier 1883, Madame Élise Loffinot devient officiellement la première institutrice de l'école de filles de Sermoise. Mais la maison prêtée ne donnait satisfaction ni au plan de la salubrité ni au plan du confort. Il fallait sortir de cette situation provisoire qui durera tout de même près de cinq années.

(8) La sucrerie de Plagny, édifiée en 1853, avait fondé à partir de 1864 une école privée tenue par les Soeurs de la Sainte Famille.

(9) La loi du 16 juin 1881 généralise la gratuité des études à l'ensemble des écoles primaires publiques, mais le traitement des instituteurs est toujours assuré sur le budget communal. Il ne sera pris en charge par le budget de l'État qu'à compter de 1889.

(10) Le 29 mars 1882, est promulguée la loi Jules Ferry rendant l'école obligatoire et laïque.

 

DE 1883 A 1887, LA LABORIEUSE ÉCLOSION D'UN PROJET DE CONSTRUCTION POUR "L'ANNEXE" DES FILLES.

En 1883, un plan de construction de l'école des filles est présenté pour un devis se montant à TRENTE MILLE Francs. Le conseil trouve ce prix beaucoup trop élevé, rejette le projet en demandant de limiter la dépense à NEUF MILLE Francs.

Le conseil municipal demande aussi que le gouvernement veuille bien donner la moitié de cette dernière somme. Il s'ensuit une période d'attente due, à n'en pas douter, au manque de fonds tant gouvernementaux que communaux.

En février 1885, un nouveau projet est proposé, cette fois pour un devis de SEIZE MILLE SEPT CENTS Francs. La proposition est encore une fois estimée trop dispendieuse par la conseil qui demande en réponse de ne faire que le "strict minimum" en ne dépassant pas la somme de SIX MILLE CINQ CENT CINQUANTE Francs. Le 7 mars 1886, un nouveau plan est élaboré pour un devis de SIX MILLE HUIT CENT SOIXANTE ET UN Francs. La discussion porte alors sur les modalités de financement. La commune, selon les explications consignées, ne dispose que de TROIS MILLE Francs et il y aurait nécessité de faire un emprunt pour "faire la différence". Cela signifierait que charge prévisible pour la commune de 94,54 Francs pendant 30 ans, c'est-à-dire une imposition supplémentaire de 1,5 centime additionnel sur les contributions. Le conseiller Digot exprime alors son désaccord au motif que "les impôts sont déjà écrasants". Après une longue discussion, le conseil refuse le projet.

Mais, force de loi oblige et nécessité sans doute aussi, car au cours de la réunion du 23 mai 1886, le même projet est accepté, l'imposition nouvelle a été votée.

Par la suite, la construction fut rapidement lancée et menée avec célérité si l'on en juge par la brièveté des délais. La rentrée des filles dans leur nouvelle école avait lieu le 3 septembre 1887 sous la houlette de Mme Marie-Louise Olympe Petit, institutrice, qui était l'épouse de Mr Eugène Petit, instituteur, le couple étant en poste depuis 1885.

Ainsi s'achevait un véritable combat de plus d'un demi siècle pour la scolarisation de tous les enfants de Sermoise. Mais il est difficile d'affirmer qu'en 1887 tous les petits sermoisiens de 6 à 13 ans étaient scolarisés.

Les rapports établis en février 1887 par l'Inspecteur d'académie faisaient état, pour l'école des garçons de 25 élèves présents sur 29 inscrits, et pour l'école des filles de 16 élèves présentes sur 25 inscrites. Dans ces mêmes rapports, l'effectif des enfants de Sermoise scolarisables était estimé à 69 garçons et 66 filles.

La consultation de la table décennale des naissances à Sermoise, pour la tranche d'âge considérée, c'est-à-dire les enfants nés entre 1874 et 1882 (environ 200 naissances), incline à penser que cet effectif n'était pas surestimé.

On peut penser que les enfants scolarisables non inscrits à Sermoise allaient vers les établissements des communes voisines. Mais on peut aussi penser que, malgré la surveillance exercée par les comités d'instruction primaire, une partie de ces enfants ignorait tout simplement l'école.

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